Marguerite Rouan
Marguerite Rouan développe une esthétique du sentimentalisme ou comment orchestrer tout à la fois une critique du capitalisme sentimental, qui instrumentalise nos émois, et mettre en oeuvre le plus sincèrement possible l’intime et l’affect qui façonne nos existences et les font vibrer. Il y a derrière tout cela le mythe de la passion qui détruit, la vibration toxique qui rendrait vivante, la breloque sentimentale, l’image du petit bobo de coeur.
Marguerite Rouan develops an aesthetic of sentimentality, or how to orchestrate both a critique of sentimental capitalism, which exploits our emotions, and to implement as sincerely as possible the intimacy and affection that shape our lives and make them vibrant. Behind all this lies the myth of destructive passion, the toxic vibration that brings us to life, sentimental trinkets, and the image of the little heartache.
Marguerite Rouan travaille sur les égratignures du coeur dans une esthétique adolescente post années 2000, entre notifications msn et porte-clefs à coeur. Marguerite est issue de cette génération qui découvre et grandit avec la connexion, la superposition des réalités et des niveaux de relations, la rupture par sms. Le mythe du prince charmant éraflé par le merchandising, les jeunes filles en fleurs laissent s’écouler la médiocrité de la promesse amoureuse dans leurs larmes en toc.
Marguerite Rouan explores the heart’s wounds through a post-2000s teenage aesthetic, between MSN notifications and heart-shaped key rings. Marguerite comes from a generation that discovered and grew up with connectivity, overlapping realities and levels of relationships, and breakups via text message. With the myth of Prince Charming tarnished by merchandising, young girls in bloom let the mediocrity of romantic promises flow away in their fake tears.
Marguerite Rouan fait de l’anecdote sentimentale un prétexte à l’oeuvre, ou quand un détail de notre histoire personnelle devient le vortex de l’existence, le point de bascule de tout notre être. Il y a du Sophie Calle à l’ère 2.0. Avec dérision et beaucoup d’humour son travail déploie une esthétique du drame, parfois cru, parfois douce. Une blessure qui enveloppe, une fausse naiveté.
Marguerite Rouan uses sentimental anecdotes as a pretext for her work, or when a detail of our personal history becomes the vortex of existence, the tipping point of our entire being. There is something of Sophie Calle in the 2.0 era. With derision and a great deal of humor, her work displays an aesthetic of drama, sometimes raw, sometimes gentle. A wound that envelops, a false naivety.
Le travail de Marguerite Rouan convoque régulièrement des dispositif de consommation de ses oeuvres. On pense à ses bonbons, ses napperons comestibles ou ses Images à l’eau de rose en papiers à brûler, tels des allégories de la digestion de ces images qui façonne nos désirs et nos chagrins. Ces phrases toutes faites qui nous habitent.
Marguerite Rouan’s work regularly invokes devices for consuming her artworks. One thinks of her candies, her edible doilies, or her Images à l’eau de rose (Rose Water Images) made of burnable paper, like allegories of the digestion of those images that shape our desires and our sorrows. Those ready-made phrases that inhabit us.
Certaines oeuvres sont composées comme des scènes de drame, des objets transitionnels qui mettent à distance avec ironie l’inconsistance de nos relations. D’autres sont des talismans de la séparation, des odes à la solitude et la naïveté.
Some works are composed like scenes from a drama, transitional objects that ironically distance us from the inconsistency of our relationships. Others are talismans of separation, odes to solitude and naivety.