Valentine Gardiennet
Valentine Gardiennet filtre le monde avec insolence. Le travail de Valentine Gardiennet est toujours lié au dessin, ce médium d’expression, de liberté et d’affirmation alors que les mots manquent encore, ce médium qui déforme au bon vouloir comme pour révéler ce qui fait le sel des choses. Il y a quelque chose de cinématographique, d’une posture de réalisatrice ou de photographe dans cette approche du trait qui fait image. Il y a quelque chose de sculptural aussi dans cette façon de mettre en espace une vision du monde qui s’étale en couleurs.
Valentine Gardiennet views the world through bold eyes. Valentine Gardiennet’s work is always rooted in drawing—that medium of expression, freedom, and self-assertion when words still fall short, a medium that distorts at will, as if to reveal the very essence of things. There is something cinematic about this approach to the line that creates an image—a quality reminiscent of a filmmaker or photographer. There is also something sculptural in this way of bringing to life a vision of the world that unfolds in color.
On dirait que Valentine ne cesse de faire des bêtises en occupant l’espace de manière inattendue. L’artiste prend l’espace et porte un irrespect au cadre. C’est un travail fait de malice qui invoque des personnages familiers, farceurs, amicaux, un travail pourvu de gentillesse, une force dont la société contemporaine n’est pas pourvue. Il n’est pas du tout question ici de naïveté. C’est un monde à hauteur d’enfant, une façon irrévérencieuse de refuser la puissance de soi qu’est l’être adulte et de cultiver une espièglerie et un émerveillement au monde. L’oeuvre porte en elle une ambivalence, une forme d’innocence cruelle qui porte à décentrer le regard sérieux. Ainsi les personnages sont tout à la fois joyeux et inquiétants, familiers et fantomatiques.
It seems as though Valentine is constantly getting into mischief by occupying space in unexpected ways. The artist takes over the space and shows no regard for the frame. It is a work imbued with mischief that evokes familiar, playful, and friendly characters—a work filled with kindness, a strength that contemporary society lacks. This is by no means a matter of naivety. It is a world seen through a child’s eyes, an irreverent way of rejecting the self-assertiveness inherent in adulthood and of cultivating a sense of mischief and wonder at the world. The work carries within it an ambivalence, a kind of cruel innocence that shifts the focus away from a serious perspective. Thus, the characters are at once joyful and unsettling, familiar and ghostly.
Il s’agit de raconter de (bonnes) histoires.
It’s all about telling (good) stories.
Le monde de Valentine Gardiennet est ainsi fait de jeux, d’ours en peluches et de chaises à bascules, de géants carnavalesques, de marionnettes qui posent et de lits à barreaux. Valentine Gardiennet travaille un éclectisme des références et une non hiérarchie des formes. Son travail est fait de citations multiples de fifi brindacier à Don Quichotte, de Jeremy Deller à the Truman Show, des Simpsons à Alice au Pays des Merveilles. Il y a dans le travail de Valentine comme une envie de grandiose et de panache dans un monde où tout est policé, une envie de joies aigres-douces là où tout est lissé.
Valentine Gardiennet’s world is thus made up of games, teddy bears, and rocking chairs; carnival giants; posing marionettes; and cribs. Valentine Gardiennet works with an eclectic mix of references and a non-hierarchical approach to form. Her work is filled with numerous references, from Pippi Longstocking to Don Quixote, from Jeremy Deller to the Truman Show from The Simpsons to Alice in Wonderland. In Valentine’s work, there is a desire for grandeur and panache in a world where everything is sanitized, a desire for bittersweet joys where everything is smoothed over.