Romane de Watteville
Romane de Watteville a le sens de la composition. La jeune peintre suisse entremêle culture post internet, effets d’échelles et histoire du portrait dans un travail pictural cohérent et décalé. L’oeuvre semble tisser une histoire sans fin, un enchâssement de récits personnels et générationnels qui s’actualisent avec l’époque.
Romane de Watteville has a keen sense of composition. The young Swiss painter weaves together post-internet culture, effects of scale, and the history of portraiture into a coherent and offbeat body of work. Her art seems to weave an endless story—an interweaving of personal and generational narratives that resonate with the times.
La peinture entrecroise les références et conserve des motifs récurrents. Strass, lunes et oeufs à la coque.
On retrouve régulièrement le festin comme support de projection, lieu de pouvoir et de profusion, espace de transgression carnavalesque, révélation et satire de nos mesquineries et contradictions. Des tables gorgées de mets qui accueillent bien souvent un miroir d’auto-réflexion, un regard complice ou coupable. Romane de Watteville sait manier les mises en abîmes.
Her paintings interweave references and feature recurring motifs: rhinestones, moons, and soft-boiled eggs.
We regularly encounter the feast as a canvas for projection—a place of power and abundance, a space for carnivalesque transgression, revelation, and satire of our pettiness and contradictions. Tables laden with food that often feature a mirror for self-reflection, a knowing or guilty gaze. Romane de Watteville is a master of mise en abîme.
Souris, selfies et babies shoes. Les années 2000 en trois motifs, entre vulnérabilité et narcissisme. Cigarettes froides, layers cakes et ombres à paupières. La profusion de motifs, la pointe de surréalisme, les trompes l’oeil et l’apparition de personnages symboliques de petites tailles (souris, diablotins) dans la peinture de Romane de Watteville rappellent la plongée dans le pays des merveilles d’Alice. Un récit enchâssé semble s’écouler au fil des toiles qui se répondent par ricochet, les épisodes en ton de mauve d’une adulescence dorée.
Mice, selfies, and baby shoes. The 2000s in three motifs, between vulnerability and narcissism. Cold cigarettes, layer cakes, and eyeshadow. The profusion of motifs, the touch of surrealism, the trompe-l’œil effects, and the appearance of small, symbolic characters (mice, imps) in Romane de Watteville’s paintings evoke a plunge into Alice’s Wonderland. An embedded narrative seems to unfold across the canvases, which echo one another in a chain reaction—the mauve-hued episodes of a golden adulescence.
Romane de Watteville est une peintre qui prend l’espace. Les toiles prennent des formats hors normes, s’étalent sur paravents, ouvrent le champ de vision, paradoxalement tout en resserrant la narration. Il y a un geste de cinéma, une pratique de la métonymie au plus juste. Strass, veste à franges et imprimé tigré.
Romane de Watteville is a painter who takes up space. Her canvases take on unconventional formats, spread across folding screens, and open up the field of vision—while, paradoxically, tightening the narrative. There is a cinematic gesture here, a masterful use of metonymy. Rhinestones, a fringed jacket, and a tiger-print pattern.