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Un concept

Biorégionalisme

  • What ?
    Ceci n’est pas du localisme

Le biorégionalisme est une pensée écologique née dans les années 1970 à San Francisco dans la suite des pensées écologiques libertaires, initiée par Peter Berg et Judith Goldhaft fondateur*ices de la Planète Drum Foundation. Il et elle sont rejoint par
de grands noms de l’écologie et de la création tels que Gary Snyder, Raymond Dasmann, Kirkpatrick Sale.

Bioregionalism is an ecological philosophy that emerged in the 1970s in San Francisco as an extension of libertarian ecological thought, pioneered by Peter Berg and Judith Goldhaft, founders of the Planète Drum Foundation. They were joined by
leading figures in ecology and the arts, such as Gary Snyder, Raymond Dasmann, and Kirkpatrick Sale.

Le biorégionalisme invite redéfinir les territoires autours de régions définies par des éléments ou des processus naturels comme la topographie, l’hydrologie, le climat, une typologie de sols particulière ou encore des manières d’habiter propres au territoire (ex. architecture vernaculaire). Il s’agit donc de questionner le découpage historico-politico-administratif des territoires pour privilégier une relation sobre et durable aux environnements.

Bioregionalism calls for redefining territories based on regions defined by natural elements or processes such as topography, hydrology, climate, a specific soil type, or ways of living unique to the territory (e.g., vernacular architecture). The aim, therefore, is to challenge the historical, political, and administrative division of territories in order to foster a simple and sustainable relationship with the environment.

“L'invention et la lutte contre nos propres habitudes de vie et de pensée ne sont plus une option : c'est une nécessité.”
Matthias Rollot, Qu'est-ce qu'une biorégion?, Wildproject

Le biorégionalisme partage avec l’écologie profonde (Deep Ecologie) sont approche non politique de l’écologie. Il ne s’agit pas de prendre des mesures politiques mais de transformer de manière structurelle, ontologique même, notre mode de compréhension du monde, afin d’instaurer un rapport de respect et d’équilibre avec les écosystèmes. Toutefois le biorégionalisme est issu aussi d’une pensée libertaire (conjointe de l’écologie sociale de Murray Bookchin et l’écosocialisme) qui critique une vision puriste de l’environnement dit « sauvage » par la Deep Ecologie. Environnement duquel nous serions extérieurs (et uniquement perturbateur*ices ou observateur*ices). Le biorégionalisme, qui voit l’humanité et sa culture comme une part de la nature, propose plutôt un équilibre résonné nature / culture.

Bioregionalism shares with Deep Ecology a non-political approach to ecology. It is not about taking political action but about structurally—and even ontologically—transforming our way of understanding the world, in order to establish a relationship of respect and balance with ecosystems. However, bioregionalism also stems from libertarian thought (combining Murray Bookchin’s social ecology and ecosocialism), which critiques Deep Ecology’s purist vision of the so-called “wild” environment. An environment from which we are supposedly external (and merely disruptive or merely observers). Bioregionalism, which views humanity and its culture as part of nature, instead proposes a harmonious balance between nature and culture.

Les biorégions sont ainsi des espaces relativement réduits où l’humain devient usager et non consommateur d’un territoire, caractérisé par une activité économique locale, un mode de vie frugal qui prend en compte les limites des ressources au sein des écosystèmes, une autonomie énergétique et alimentaire et une démocratie participe. Peter Berg parle ainsi de « réhabitation » c’est à dire une façon de vivre à nouveau en bonne intelligence avec les lieux.

Bioregions are thus relatively small areas where humans become users rather than consumers of a territory, characterized by local economic activity, a frugal lifestyle that takes into account the limits of resources within ecosystems, energy and food self-sufficiency, and participatory democracy. Peter Berg refers to this as “rehabitation”—that is, a way of living once again in harmony with the land.

Pour autant qu’on veuille l’associer au « localisme » réactionnaire il ne faut pas oublier que le biorégionalisme et issu d’une pensée écologique anarchiste. Ainsi le biorégionalisme s’affirme dès sa création comme un mouvement anti-capitaliste, anti-nationaliste, anti-raciste et anti-spéciste. Le biorégionalisme a ainsi comme conséquence la remise en question des Etats Nations et des frontières. Les biorégions nourrissent des échanges mutuels constants (mais à petite échelle) et n’affirment pas de limites claires et nettes. Ce sont des utopies de gouvernance décentralisée adaptée à chaque territoire, écosystèmes, climat…

Even if one wishes to associate it with reactionary “localism,” we must not forget that bioregionalism stems from anarchist ecological thought. Thus, from its very inception, bioregionalism has asserted itself as an anti-capitalist, anti-nationalist, anti-racist, and anti-speciesist movement. As a result, bioregionalism calls into question nation-states and borders. Bioregions foster constant mutual exchanges (albeit on a small scale) and do not assert clear-cut boundaries. They are utopian visions of decentralized governance tailored to each territory, ecosystem, and climate…

à lire,

Matthias Rollot, Qu’est-ce qu’une biorégion?, Wildproject

Peter Berg, Rehabiter, Wildproject, 2026

Gary Snyder, Le sens des lieux, éthique, esthétiques et bassins-versants, Wildproject

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