Intimité d’accès
L’intimité d’accès (access intimacy) est un concept issu des recherches sur le handicap et l’anti-validisme (disability justice studies) forgé par la chercheuse Mia Mingus en 2011 dans son essai Leaving Evidence.
Access intimacy is a concept derived from research on disability and anti-ableism coined by researcher Mia Mingus in 2011 in her essay Leaving Evidence.
Au travers de ce concept Mia Mingus souhaite infuser la question du soin et de la bienveillance dans l’attention non-validiste portée aux personnes en situation de handicap. Elle souligne à quel point les politiques d’accessibilité peuvent être techniciennes (rampes, sous titres etc.) mais dénuée de regard (voyons-nous vraiment les personnes ?), d’attention, de soin pour les personnes qu’elles tentent pourtant de mieux intégrer à la société. La solitude et le sentiment de décalage ne disparaissent pas automatiquement mais nécessitent une qualité de relation humaine supérieure.
Through this concept, Mia Mingus aims to infuse the themes of care and compassion into a non-ableist approach to people with disabilities. She highlights how accessibility policies can be purely technical (ramps, captions, etc.) yet lack perspective (do we truly see these people?), attention, and care for the very people they aim to better integrate into society. Loneliness and feelings of alienation do not disappear automatically but require a higher quality of human connection.
“Sometimes it is someone just sitting and holding your hand while you both stare back at an inaccessible world.”
L’intimité d’accès s’oppose à ce que la chercheuse nomme l’intimité forcée (forced intimacy), qui qualifie l’ensemble des situations dans lesquelles les personnes en situation de handicap doivent exposer leur intimité, justifier leurs besoins, répondre à un corps médical en dehors de tout cadre de sécurité relationnel (des inconnus ou une froideur institutionnelles). On parle ici par exemple des demandes d’aides dans la rue, de dossiers médicaux à l’hopital ou de visites impromptues, de demande d’ajustement au travail etc.)
Access to privacy stands in contrast to what the researcher calls “forced intimacy”, a term that describes all situations in which people with disabilities must expose their privacy, justify their needs, and interact with medical professionals outside of any safe relational context (whether with strangers or in the face of institutional coldness). Examples include, for instance, requests for assistance on the street, medical records at the hospital, unannounced visits, requests for workplace accommodations, and so on.)
Le concept permet de penser une politique du soin en dehors du cadre de la charité ou d’une relation asymétrique entre un*e soignant*e et un*e soigné*e. C’est une attention réciproque et une empathie réelle, valable pour touxtes.
This concept allows us to envision a care policy outside the framework of charity or an asymmetrical relationship between a caregiver and a care recipient. It is based on mutual care and genuine empathy, applicable to everyone.
à Lire :
Mia Mingus, Leaving Evidence blog
👀