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Un•e artiste

Delphine Dénéréaz

Paysage éternel. Crédit. Greg Copitet - Non Fiction
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Paysage éternel. Crédit. Greg Copitet
  • Who ?
    1989, Villedieu, Fr.
  • What ?
    Lirette, sculpture
  • Insta
    @delphine.denereaz

Delphine Dénéréaz entremêle dans sa pratique plastique pop culture, folklore et artisanat populaire. Le médium tissé, qui se déploie par la technique très particulière de la lirette, fait dialoguer un temps pré-capitaliste où le commun et les récits font cohésion et une mélancolie nostalgique de la pop culture des année 00’. C’est le téléphone Nokia 3310, le modem qui grésille, le tumblr aux couleurs saturées, la serviette dauphin sur le sable brulant de la plage bondée, le grigri en plexi sur le sac à dos, les contes de princesses qu’on sentait déjà sur le carreau qui s’écoulent et s’entrelacent sur ces toiles tissées d’un autre temps. On notera un parallèle entre la culture de rue et les armoiries du Moyen-âge. Un « D » majuscule comme un blaze, travailler le blazon depuis un point de vue minoritaire, dire qu’on a été, qu’on n’est passée par là.

Delphine Dénéréaz intertwines pop culture, folklore, and folk crafts in her artistic practice. The woven medium, which is created using the very specific technique of lirette, creates a dialogue between a pre-capitalist era, where community and storytelling provided cohesion, and a nostalgic melancholy for the pop culture of the 2000s. It is the Nokia 3310 phone, the crackling modem, the saturated colors of Tumblr, the dolphin towel on the hot sand of a crowded beach, the plexiglass charm on the backpack, the fairy tales of princesses that we already sensed were coming to an end, all flowing and intertwining on these woven canvases from another time. There is a parallel between street culture and medieval coats of arms. A capital “D” like a nickname, working on the coat of arms from a minority perspective, saying that we have been there, that we have been through it.

Là où chuchotent les Morphos. crédit. P Meyer - Non Fiction
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Là où chuchotent les Morphos. crédit. P Meyer

Delphine Dénéréaz est une conteuse, elle écoute les voix de celle*eux qui sont mis de côté, les récits marginaux de nylon et de plexi pour nous raconter des histoires, douces, rassurantes, qui font lien. Entre rayonnages de supermarché, contes de fées stéréotypées et tissus usés ; Que fait-on de ce qu’on nous laisse ? L’artiste semble répondre avec joie et volonté : « la révolution par les contes » en reprenant les mots de Goliarda Sapienza.

Delphine Dénéréaz is a storyteller, she listens to the voices of those who are cast aside, the marginal stories of nylon and plexiglass to tell us stories that are gentle, reassuring, and connect us. Between supermarket shelves, stereotypical fairy tales, and worn fabrics, what do we do with what we are left with? The artist seems to respond with joy and determination: “revolution through storytelling,” to quote Goliarda Sapienza.

4ev3r. crédit. Greg Copitet - Non Fiction
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4ev3r. crédit. Greg Copitet

Car en toile de fond d’une oeuvre généreuse et enjouée se joue les questions de reproduction de la vie quotidienne et de contre-culture. Le foyer a une place centrale dans l’oeuvre, que ce soit un espace domestique, une maison, une chambre à soi ou un château. Il est question de prendre une place, de transmettre et de survivre malgré l’uniformisation et la domination du lisse. L’oeuvre encapsule une gravité sous couvert d’une naïveté. Mais ne nous y trompons pas, il n’est pas question de divertissement mais d’ébranlement. Une sorte d’enfance éternelle, joueuse, dangereuse. L’ambiguïté contenue dans le motif récurrent des fleurs, tout à la fois belles, douces, joyeuses mais aussi toxiques, piquantes, envahissantes, semblent nous le révéler. La coulure de ces franges qui foisonnent aussi, il faut que ça déborde, à l’instar de la tendresse indisciplinée des cultures minoritaires.

For behind this generous and playful work lie questions of the reproduction of everyday life and counterculture. The home occupies a central place in the work, whether it be a domestic space, a house, a room of one’s own, or a castle. It is about taking one’s place, passing on traditions, and surviving despite standardization and the domination of the bland. The work encapsulates a seriousness under the guise of naivety. But let’s not be mistaken, this is not about entertainment but about upheaval. A kind of eternal childhood, playful and dangerous. The ambiguity contained in the recurring motif of flowers, which are beautiful, soft, and joyful, but also toxic, prickly, and invasive, seems to reveal this to us. The dripping of these fringes, which also abound, must overflow, like the unruly tenderness of minority cultures.

Le refuge des vents. Production Millénaire de Caen avec L’unique, Musée Dehors. crédit. L’unique, Musée Dehors - Non Fiction
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Le refuge des vents. Production Millénaire de Caen avec L’unique, Musée Dehors. crédit. L’unique, Musée Dehors

Delphine Dénéréaz travaille aussi bien les petits que les très grands formats dans un geste qui rappelle les Fauves. Les couleurs sont pures et violentes, en aplats. Le style assume sa simplification et son goût du décoratif. Remplir l’espace, faire vibrer la couleur, voir le trait. il y a de la peinture dans cette oeuvre.

Delphine Dénéréaz works in both small and very large formats with a style reminiscent of the Fauves. The colors are pure and violent, applied in flat areas. The style embraces its simplification and decorative flair. Filling the space, making the colors vibrate, seeing the lines. There is painting in this work.

Bienvenue à Delfundland. crédit. Collection Lambert, Avignon - Non Fiction
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Bienvenue à Delfundland. crédit. Collection Lambert, Avignon
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